Gynéco & Sexo

L’endométriose : y penser devant des douleurs cycliques.

Depuis quelques temps, j’envisageais de vous proposer des articles dédié aux problèmes gynécologiques et sexologiques. J’ai eu l’occasion de rencontrer et de travailler avec le Dr Samuel Salama, gynécologue obstétricien et spécialiste en médecine de la reproduction ainsi qu’en sexologie. Il est également conférencier pour les étudiants en médecine et a donc une approche pédagogique qui m’a plu. En résumé, il saura répondre à toutes nos questions les filles ( et les hommes aussi, nous ne vous oublions pas !).

En tant qu’expert, il répond aujourd’hui à mes questions sur l’endométriose, maladie qui concernerait environ 5 à 10% des femmes.

On a beaucoup entendu parler de l’endométriose ces dernières années. Peux-tu nous dire ce que c’est ?

Dr Salama : L’endométriose est une maladie qui concerne les femmes en âge de procréer (entre 15 et 50 ans) et qui se traduit par des douleurs pelviennes ( du bas ventre ) diverses et/ou par une infertilité. Elle concernerait 5 à 10 % des femmes.

Les symptômes peuvent être des règles douloureuses, on appelle cela des dysménorrhées. Elles apparaissent progressivement et semblent s’aggraver de cycle en cycle et elles peuvent très invalidantes. Il peut y avoir des douleurs durant les rapports sexuels lors de la pénétration, on appelle cela des dyspareunies profondes. Il peut y avoir également des douleurs lors des mictions (dysuries) ou à la défécation (dyskésies) ou des douleurs chroniques. Tout dépend de la localisation des lésions d’endométriose.

 

De quelle lésion parles tu ? Quelle est l’origine de l’endométriose ?

Dr Salama : En fait, l’endométriose est due à la présence de muqueuse utérine (endomètre) en dehors de la cavité utérine, où elle ne devrait pas être. Ce tissu répond aux stimulations hormonales du cycle féminin avec l’oestrogène qui fait se multiplier les cellules, puis la progestérone qui différencie ces cellules et enfin la chute des hormones qui fait saigner. Tout ceci participe au développement des lésions qui peuvent devenir des nodules qui infiltrent en profondeur les organes de l’abdomen.

 

Les « nodules » d’endométriose se déposent partout : paroi de la vessie, trompes, ovaires, côlon, paroi du rectum… ce qui explique la localisation variée des douleurs.

Comment explique t’on que ce tissu endométrial se retrouve dans l’abdomen ?

Dr Salama : Il existe plusieurs théories. Mais la plus communément admise est celle du reflux tubaire ; c’est à dire que durant les règles, la muqueuse de l’endomètre desquame et sort naturellement par le col de l’utérus mais un certain volume est également expulsé par les trompes dans le ventre. Le plus souvent c’est éliminé par le système immunitaire mais chez certaines femmes, ça reste, ça s’implante, ça prolifère et ça devient symptomatique.

 

Comment ce trouble peut-il engendrer une infertilité ?

Dr Salama : Les lésions d’endométriose peuvent entrainer une inflammation dans le pelvis (le bas ventre) et des adhérences. L’inflammation altère la qualité de l’ovule et de l’endomètre pour la nidation ainsi que celle des spermatozoïdes. Les adhérences peuvent accoler les trompes. De plus, si les rapports sont douloureux et qu’il faut stopper…Tu comprends que ça altère réellement les chances de grossesse…

 

Comment fait-on le diagnostic d’endométriose ?

Dr Salama : Pour la diagnostiquer, il faut déjà l’évoquer ! L’examen clinique gynécologique étant assez fruste, il se peut que rien ne soit visible de l’extérieur ! Parfois, il peut y avoir des lésions visibles sous le col où le toucher vaginal peut être particulièrement sensible. Il est donc nécessaire de parler de tous ces symptômes à son médecin qui prescrira alors des examens complémentaires comme une échographie pelvienne ou une IRM, qui permettra de visualiser l’endométriose.

Comment la soigner ?

Des accolements et des adhérences anormales peuvent être à l’origine d’une infertilité. La PMA est alors une option pour améliorer ses chances d’enfanter.

Dr Salama : En fait la stratégie de prise en charge va dépendre de la plainte.

  • Pour des douleurs modérées et peu gênantes, un traitement hormonal et des antalgiques peuvent permettre de bien contrôler la maladie.
  • Pour une endométriose plus sévère, il est souvent nécessaire de passer par la case chirurgie (par cœlioscopie) qui permet de  réséquer toutes (ou presque) les lésions d’endométriose.
    Le plus souvent avant la chirurgie, un traitement médicamenteux avec un bloqueur ovarien (agoniste de la Lh-RH) est prescrit.
  • Enfin pour l’infertilité, une prise en charge en assistance médicale à la procréation après bilan complet des 2 membres du couple est parfois nécessaire, en vue de réaliser une fécondation in vitro.

 

Pour terminer, quels conseils avez vous à donner ?

Dr Salama : Comprenez qu’il n’est pas normal d’avoir au ventre durant ses règles au point de ne pas pouvoir aller travailler ! Tout comme il n’est pas normal d’avoir des douleurs lors rapports sexuels. C’est pourquoi il est nécessaire d’en parler à son médecin. Et d’avoir un médecin qui est capable d’entendre ces symptômes car l’endométriose est souvent sous diagnostiquée ou diagnostiquée après des années de douleurs…

 Pour plus d’informations, consultez le site référent de l’endométriose. 

 N’hésitez pas à commenter si vous souhaitez me proposer des sujets gynéco/sexo à traiter dans les prochains articles !

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