Mes études de médecine

Pourquoi j’ai choisis la médecine générale.

Vous savez ce qui m’exaspère le plus ? C’est que, quand je dis avoir choisis la médecine générale comme spécialité, on ne me pose pas la question de « pourquoi la médecine générale » mais plutôt « pourquoi ne pas avoir choisi d’autre spécialité ? » Tout comme la petite déception qui se dessine sur le visage de mon interlocuteur…

On comprend bien, qu’encore aujourd’hui, dans l’esprit de beaucoup de personnes, faire une spécialité chirurgicale ou médicale est un meilleur choix que de faire de la médecine générale. Pourquoi ? Pour le salaire ? Pour la gloire ?

Dans cet article sans concession, je vous explique les raisons de mon choix pour la médecine générale. 

Le choix de la spécialité la plus globale.

Après 6 ans passés en faculté de médecine, à essayer de comprendre le fonctionnement du corps humain dans son ensemble, d’apprendre les subtilités de chaque spécialité d’organe, je refuse de me restreindre à une seule et ainsi de devoir mettre de coté certains savoirs. Alors les spécialistes me diront que mes savoirs de généraliste resteront toujours superficiels, qu’il ne va jamais loin dans la prise en charge.

D’une certaine manière ils ont raison, mais un bon généraliste saura prendre en charge multitudes de patients sans avoir recours au spécialiste, qui ne sera nécessaire que dans certains cas : besoin d’une chirurgie, besoin d’un traitement spécifique… et qui prendra le relais à la suite de ces actes ? Le généraliste. Ainsi le médecin traitant sera présent avant, pendant et après la maladie.

Par ailleurs cette spécialité, car elle en est une à part entière, voit son avenir s’éclaircir avec la revalorisation progressive de sa rémunération ( tarification supérieure des consultations de pédiatrie, primes selon le nombre de patients ALD etc… ). Son rôle aussi évolue : en effet, le généraliste est aujourd’hui le pivot central du parcours de soin du patient.

De plus, la médecine générale a cet avantage de traiter multitudes de patients : personnes âgées, enfants, adultes de tout âge et tout horizon, adolescents… soit autant de problèmes différents. Un généraliste doit savoir gérer toutes les situations qui se présentent à lui en acquiérant des savoirs solides dans tous les domaines de la médecine : dermatologie, gynécologie, pédiatrie, thérapeutique, oncologie, psychiatrie… et je trouve cela passionnant !!! Je veux être une médecin généraliste appliquée, qui cherche, qui trouve et qui prend en charge.

Mais devenir un bon généraliste signifie aussi avoir bien été formé. Or la formation universitaire des futurs généralistes est en pleine évolution. Il s’agit donc de faire confiance en nos pairs, nos confrères professeurs en médecine générale, qui ont accepté le challenge de repenser la formation de médecine générale pour former des généralistes accomplis, des vrais spécialistes de la médecine en général.

Le choix de la liberté d’exercice. 

Indéniablement, les Centres Hospitalo Universitaires ( j’entends par là, les plus grands complexes hospitaliers francais ) sont des lieux de progrès, où l’on met en place de nouvelles techniques, où l’on organise des études scientifiques pointues et où les meilleurs talents se retrouvent pour façonner la médecine de demain et je comprends aisément que l’on aie envie d’exercer en leur sein. Je comprends que l’on aie envie d’une carrière exceptionnelle, d’être reconnu dans son domaine comme étant le « meilleur spécialiste de ».

Mais à l’heure où les hôpitaux font face à de grandes difficultés, où le profit a pris le pas sur le soin ( disons le ! ), je ne peux pas envisager d’exercer mon futur métier sous la pression économique et la contrainte hiérarchique. Ca ne correspond pas à ma manière d’être et de travailler.

D’autant plus que la médecine générale offre de nombreuses possibilités de carrières : en milieu rural ou citadin, en maison de santé ou en cabinet individuel, en collaboration avec les agences sanitaires locales, en développant des actions de prévention, voire même en travaillant au sein de service hospitalier de médecine polyvalente, tout cela avec des horaires variables. J’envisage par ailleurs de faire des formations complémentaires pour axer ma pratique vers certains domaines particuliers ( peut etre la gynécologie, la nutrition ou encore la médecine du sport ).

J’ai aussi fais le choix de la liberté de gérer mon métier en fonction de mes envies personnelles : oui j’ai envie d’être une bonne médecin mais aussi une mère, une sportive, d’être une femme engagée pour les autres et peut être même une chef d’entreprise. Etre généraliste me permettra, je l’espère, d’avoir le temps de développer mes autres centres d’intérêts. Je suis également d’avis que pour être un bon médecin, il faut avoir soi même une vie équilibrée donc pouvoir se libérer du temps pour autre chose. Comment voulez vous écouter et aider votre patient si vous êtes vous même « malade de votre situation » ? Le burn out devient monnaie courante, même parmi les médecins…

Le choix du soin de proximité. 

Enfin, j’ai choisis la médecine générale parce qu’elle est, pour moi, la plus humaine, la plus proche de la notion de « soin ». Comme on nous l’enseigne justement, la prise en charge optimale d’un patient devrait se faire selon trois axes : bio, psycho et social ; trois axes qui forment un tout.
En consultation de médecine générale, chaque patient viendra chercher de l’aide auprès de son généraliste dans l’un de ces domaines. Parfois il s’agira de soigner les maux de la vie plutôt que les maux de tête.
Le patient partage les aspects de sa vie professionnelle, personnelle, parfois même intimes avec son médecin traitant et ils tisseront ensemble un lien de confiance. Le médecin traitant verra parfois grandir plusieurs générations d’une même famille ce qui lui offre un regard plus pertinent sur ces patients. Ce lien unique et qui me touche, je ne l’ai pas retrouvé dans d’autres spécialités.

Un rôle essentiel qui incombe au généraliste et que j’aimerai beaucoup endosser est celui de la prévention. Prévenir avant de guérir. Je crois profondément qu’encourager les gens à mieux prendre soin d’eux, à changer leurs mauvaises habitudes, est le meilleur moyen d’améliorer l’état de santé des populations. Je m’engagerai donc dans ce sens, comme j’ai commencé à le faire depuis plusieurs mois sur ce blog.

 

 Je pourrais encore vous écrire des lignes et des lignes sur les raisons de mon choix pour la médecine générale, mais vous aurez compris l’essentiel. Il faut choisir sa future spécialité avec la raison, de bonnes raisons, mais surtout avec le cœur. Choisir un domaine professionnel dans lequel vous vous épanouissez, vous vous sentez à votre place et qui vous ressemble. Peu importe le prestige et peu importe l’avis des autres, les « tu aurai dû », «  tu aurai pû ».

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