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La téléconsultation en explications et en pratique !

En plein débat sur l’évolution numérique de la santé, la télémédecine s’est fait remarquer : en mars 2019, 7939 actes de téléconsultations étaient comptabilisés, soit une augmentation de 200 % par rapport à novembre 2018 ! 

Tandis qu’elle apparaît comme une solution potentielle à des problèmes d’accessibilité aux médecins, elle soulève aussi des questions de sécurité et d’efficacité. En tant que future médecin généraliste, j’avais du mal à me faire un avis… Bien ? Pas bien ? Dans quels cas ? J’ai donc décidé d’étudier la question au travers d’un article. J’ai, par la même testé la solution de télé-consultation Qare afin d’en faire l’expérience concrète, en tant que patiente. 

Qu’est-ce que la télé médecine ?

Il s’agit d’une forme nouvelle de pratique médicale à distance utilisant des technologies numériques d’information et de communication. Elle met en relation des patients et des professionnels de santé, afin de répondre à des envies de modernisation, de simplification et d’accessibilité des soins. 

La télé médecine est un terme global, qui comprend en fait plusieurs volets : 

  • la télé consultation (TC) : consultation à distance entre un patient et un médecin, grâce à la vidéo. Elle se fait via de nombreuses plateformes internet, dont Qare. 
  • la télé expertise : avis demandé par un médecin à un confrère, via les nouvelles technologies ( internet, vidéo… ). Par ex : un médecin généraliste demande un avis à un spécialiste par vidéo sécurisée. 
  • la télé surveillance : données recueillies sur le lieu de vie du patient, interprétées à distance par le médecin. Par ex : un ECG réalisé par un ambulancier et envoyé au médecin instantanément. 
  • la télé assistance : un médecin se trouvant à distance, prête assistance à d’autres médecins lors d’un acte. Par ex : une télé assistance lors d’une chirurgie. 

 Dans cet article, je vous parle de la télé consultation, qui s’adresse à tous. 

Les avantages d’une télé consultation :

Malade et cloué au lit ?

Vous pouvez consulter un médecin sans sortir de chez vous !

Besoin d’un avis médical mais pas le temps de vous déplacer en cabinet ?

Vous pouvez consulter des médecins généralistes et des spécialistes en télé consultation depuis votre lieu de travail.

Vous vivez dans un désert médical et devez faire beaucoup de route pour voir votre médecin régulièrement ?

Vous pouvez organiser certains rendez-vous du suivi de votre maladie chronique en TC, afin de limiter les déplacements.

Pas de spécialistes près de chez vous ? Voyage à l’étranger ?

La téléconsultation vous permet de consulter à distance, voire même depuis l’étranger. 

Cependant il faut bien garder à l’esprit qu’elle n’a pas pour vocation de remplacer la consultation médicale classique mais de lui être complémentaire.

Pour les personnes âgées isolées, dépendantes ou vivant loin du cabinet, elle permet d’améliorer l’accès aux soins en gardant un lien avec les médecins. Dans le cadre des maladies chroniques, elle contribue aux consultations de suivi. Le médecin, en télé consultation, peut évidemment donner des conseils, prescrire des médicaments ou examens d’imagerie et vous orienter vers un spécialiste. Pour certaines pathologies aigües sans gravité ou facilement détectables, la téléconsultation permet un diagnostic et une prise en charge rapide, qui serait une aide au désengorgement des urgences. 

Quelles sont les conditions de remboursement ?

La téléconsultation s’inscrit dans un parcours de soins et doit donc passer par le médecin traitant du patient sauf pour les spécialistes que l’on peut déjà consulter en accès direct ( dont les gynécologues, psychiatres … ) et pour les patients de moins de 16 ans, ainsi que dans certains cas précis. 

Pour rappel :

Le coût d’une consultation médicale classique en secteur 1 s’élève à 25 euros avec 70 % remboursé par l’Assurance Maladie (AM) dans le cadre du parcours de soin, ou 30 % sinon (100 % dans le cas d’une ALD ). La part restante est prise en charge par votre mutuelle si vous en disposez. Le tiers payant est appliqué pour les patients pour lesquels il constitue un droit ( patients en ALD, femmes enceintes, bénéficiaires de la CMU-C ou de l’ACS).

La téléconsultation sera remboursée au taux de 70 % par l’AM à certaines conditions : 

  • vous consultez votre médecin traitant 
  • vous avez déjà vu ce médecin au moins une fois au cours des 12 derniers mois
  • vous êtes orienté par votre médecin traitant vers une téléconsultation 
  • vous consultez un spécialiste en accès direct ( gynécologue, ophtalmologue, stomatologue, psychiatre, pédiatre… )
  • la consultation concerne un enfant de moins de 16 ans 

… c’est à dire les mêmes conditions qu’une consultation médicale classique ! 

Elle peut aussi être remboursée à 70 % dans certains cas précis : 

  • si vous ne disposez pas d’un médecin traitant, ou si celui-ci est indisponible pour vous voir dans un délai correspondant à votre état de santé. On parle donc de situation aigüe où consulter un médecin devient urgent. Après la téléconsultation, les patients doivent se diriger vers d’une organisation territoriale type CPTS, Centre de soin, MDSP… afin d’être revus en consultation classique pour les réorienter vers une prise en charge spécifique ou simplement trouver un médecin traitant. 

 L’ALD et le tiers-payant peuvent être appliqués en téléconsultation. 

Comment accéder à une téléconsultation ?

Soit votre médecin vous le propose et vous convenez de rendez-vous ensemble, soit vous prenez rendez-vous directement via une des solutions de téléconsultation existantes. 

Sur le plan technique, vous devez avoir accès à une connexion internet sécurisé, afin de garantir la protection des données médicales confidentielles et un ordinateur équipé d’ une webcam et d’un micro pour la vidéo (visio). 

Comme vous pouvez l’imaginer, la vidéo est essentielle pour un échange de qualité entre le médecin et le patient. 

Si vous n’avez pas accès à internet ou si vous n’êtes pas très doués en informatique, vous pouvez avoir accès à une téléconsultation avec l’aide d’un professionnel (pharmacien, infirmier… ) ou vous rendre dans des lieux dédiés. Il existe en effet des cabines de TC, qui offrent l’avantage de disposer d’appareils de mesure (tension artérielle, poids, fond d’œil etc ) facilitant le diagnostic. 

Concrètement, vous allez recevoir par email et par sms un code sécurisé qui vous permettra de vous connecter et de débuter la consultation sécurisée. 

 On ne peut cependant pas tout faire en téléconsultation.

Le médecin est inévitablement limité dans son examen physique, bien qu’il puisse voir le patient et quelques zones corporelles (ex : le fond de la gorge, les yeux, la peau, les plaies etc.…). Il va donc développer un interrogatoire précis et complet, auquel le patient doit répondre le plus précisément possible. Cela peut être perturbant pour le patient, mais aussi pour le médecin. De ce fait, les professionnels de santé exerçant en téléconsultation reçoivent une formation spécifique pour développer les compétences appropriées. 

Par ailleurs, certains diagnostics sont difficiles à réaliser à distance. Le médecin ne pourra pas non plus délivrer de certificats où l’examen clinique est indispensable. Pour assurer la sécurité du patient, le médecin doit absolument être conscient de ses/ces limites et orienter le patient vers une consultation classique si besoin ( pour qu’il soit examiné physiquement ). 

En tant que patient, vous devez être prudent et aller en cabinet si on vous le recommande ! 

 Une dérive possible : la « sur prescription de précaution » ?
Je suis tombée sur un article parlant d’une prescription excessive d’antibiotiques aux Etats-Unis lors des consultations de télémédecine. L’étude le dénonçant a été publiée en avril 2019 dans la revue Pediatrics. Elle a alors révélé que plus de 50 % des enfants ayant consulté en téléconsultation se voyaient prescrire des antibiotiques contre 30 % pour ceux ayant consulté en présentiel. Une dérive possible qui peut être liée à la peur des médecins de se tromper et aux conséquences juridiques de ces situations, ou bien à ce système de santé coûteux où la prescription devient une logique économique ? 

J’ai testé pour vous : une téléconsultation avec un médecin généraliste sur Qare

La solution Qare de téléconsultation fut une des premières à se développer, dès 2017. 

J’ai accepté de tester le service et de vous la présenter dans le cadre d’un partenariat rémunéré ( en toute transparence ).

  1. J’ai donc pris rendez-vous pour une téléconsultation avec un médecin généraliste, un matin depuis mon lit. Si cela vous intéresse, vous pouvez visionner un extrait de cette TC en vidéo.
  2. Avant la consultation, j’ai rempli un dossier sur le site de Qare avec divers renseignements médicaux pour que le médecin aie quelques informations de base (antécédents, usages de toxiques, traitements etc). Un peu de paperasserie qui me paraît indispensable pour une prise en charge exhaustive et globale du patient.
  3. J’ai ensuite reçu un lien sécurisé par e-mail, sur lequel j’ai cliqué pour lancer la consultation : la connexion s’est faite facilement avec une image vidéo de bonne qualité !
  4. La discussion a débuté aisément, même si j’étais un peu gênée de discuter avec un médecin inconnu. Et oui, passer du médecin au patient, c’est déstabilisant ! Très à l’écoute, il m’a posé beaucoup de questions concernant mes maux de tête. Il a ensuite pris le temps de reformuler mon problème de migraine et de m’expliquer les différents aspects thérapeutiques, comme une patiente « lambda ».
  5. Il a rédigé une ordonnance. Important à noter : les ordonnances délivrées par Qare sont disponibles sous la forme d’un document pdf à télécharger et muni d’un QR code, afin que celles-ci ci ne soient utilisables qu’une seule fois et par une seule pharmacie. 
  6. A la fin de l’entretien, le médecin a rédigé un compte rendu qui m’a été aussitôt transmis sur mon espace personnel sécurisé, pour de prochaines visites ou si vous en avez besoin pour le montrer à un autre médecin, dans l’objectif de continuité des soins.

Je vous le répète : le but est d’offrir un accès aux soins complémentaire et non pas de remplacer les médecins traitants.

Je vous proposais initialement une vidéo de cette téléconsultation mais par souci de confidentialité, je l’ai retirée.

 En somme, la téléconsultation s’est bien passée, le médecin était plutôt sympathique et à l’écoute. Ces deux aspects m’ont permis de me sentir de plus en plus à l’aise, une condition nécessaire à une bonne prise en charge en TC. Le médecin Qare a vraiment pris le temps de m’expliquer les traitements et m’a conseillé d’aller consulter un spécialiste : il a assuré la continuité des soins en m’orientant. 

Je suis assez convaincue sur l’utilité de la TC comme un nouveau moyen d’accéder à un médecin, où que l’on soit, au sein de notre système de soins saturé. Elle répond aussi en partie aux problèmes de désertification. L’enjeu principal reste cependant la sécurité des données afin de maintenir le secret médical. 

Cependant, médecins comme patients doivent être bien conscients des aspects réglementaires et des limites de ces consultations, afin de garantir la meilleure prise en charge possible. Ainsi, le médecin ne peut pas tout détecter par la vidéo, il a souvent besoin d’examiner le patient. Il ne doit pas non plus succomber à la tentation de sur prescrire, par convenance ou par peur de rater un diagnostic. Le patient, quant à lui, doit rester vigilant et savoir consulter en présentiel. Le médecin traitant reste l’interlocuteur privilégié du patient et doit le rester. De ce fait, dans idéal on peut imaginer voir un maximum de médecins généralistes pratiquer la TC avec leurs patients !

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